Un pont couvert : Le pont de Grandchamp

 

Un pont couvert à Bayonne?

J'ai choisi de parler d'un pont couvert parce que j'ai trouvé qu'il y avait une relation, fort éloignée sans doute, avec Bayonne. En effet, au cours de recherches antérieures, je suis tombé sur des documents indiquant qu'un pont couvert avait existé sur la Nive vers le XVème-XVII siècle. Je n'ai malheureusement pas retenu les détails mais il s'agissait d'un pont construit pour la défense du port intérieur de Bayonne sur l'emplacement d'une estacade ancienne et faisant le lien entre les fortifications de part et d'autre de la rivière. Ce pont couvert disparut quand Vauban reprit le plan de fortifications de la ville et le remplaça par un pont en pierre renforcé nommé initialement "pont militaire" et connu aujourd'hui comme "pont du génie". Je ne pense pas que ce pont couvert ait laissé bien des traces dans le souvenir collectif de la ville et ce serait une bonne occasion de le raviver.

Notons que la même transformation eut lieu à Strasbourg à la même époque. Deux ponts fermant deux bras de l'Ill étaient des ponts en bois couverts et ont conservé leur nom de nos jours même s'ils sont en pierre et non couverts. Vauban les a fait remplacer par un seul pont-barrage-courtine situé un peu en amont sur la rivière.

 

Ponts couverts au Québec

Les ponts couverts du Québec (et d'une grande partie de l'amérique du nord-est) sont apparus lors de la grande poussée de colonisation du 19ème siècle. Cette solution au problème du franchissement des cours d'eau offraient de nombreux avantages techniques. D'abord, elle ne comporte pas de pièces lourdes grâce à une structure en poutre donc sa construction ne requiert pas de machine de levage particulière. Ensuite, les pièces constituantes peuvent être obtenues sur place, la forêt étant encore assez étendue et proche et les scieries nombreuses souvent sur les cours d'eau même. La main d'œuvre peut en très grande part être locale car les techniques d'assemblage n'exigent pas plus de compétences que celles que tout bon charpentier devrait posséder. La couverture protège bien les pièces les plus importantes, la chaussée, des intempéries et en prolonge la vie. Finalement, leur entretien n'est pas très exigeant (remplacer des pièces simples, repeindre, entrenir la toiture) et peu différent de celui de maisons ou de bâtiments agricoles ou industriels.

Les ponts couverts du Québec sont une espèce en voie de disparition et font l'objet de campagnes de protection et de mise en valeur. Le ministère de Transports n'est pas opposé à ses entreprises souvent privées, spontanées ou organisées. Pour plus de renseignements, voici deux adresses particulièrment riches:

La Société québécoise des ponts couverts (SQPC) a cessé ses activités le 4 mai 2002 et a été dissoute, mais on peut toujours (février 2005) visiter son site http://www.angelfire.com/pq/sqpc/

Le ministère des transports du Québec offre une mine d'information à http://www.mtq.gouv.qc.ca/fr/reseau/structures/ponts_couverts/visite.asp

 

Le pont Grandchamp sur la Bayonne

Ce pont est situé un peu à l’ouest de Berthierville et relie les deux routes longeant la rivière Bayonne. En aval du pont la rivière méandre encore plus ce qui rendrait la construction d’un pont beaucoup plus précaire.

   

Comme ce pont n’est pas situé directement sur une route identifiable, il est amusant de noter que sa localisation est parfois donnée par son adresse « Accès à l'arrière du numéro civique 531, rang de la Rivière-Bayonne nord »  (la route de la « rive gauche »).

On donne la date de construction comme étant de 1883, le ministère des transports du Québec indique plutôt 1915 mais il se peut que cette date corresponde à une reconstruction.

   

Le coût de l’âge : de 10 tonnes (peut être pas métriques) à 3 tonnes et d’une hauteur

limitée au centre à 12 pieds (3,60 mètres) à 2,40 mètres sur toute la largeur.

 

 

  

Vue de la structure intérieure et écorché d’un pont couvert classique

 

La Bayonne franchie