Origine de certains toponymes locaux

 

Il est bien entendu que c'est de l'origine du nom de la rivière Bayonne dont nous allons parler en particulier; il est bien clair que ce nom a été attribué par Lestage, seigneur de Berthier, mais il n'en fut pas toujours ainsi. Voici ce que nous avons trouvé dans ce domaine

Rivière Bayonne.

Ce cours d'eau était connu sous le nom d'Ôbamasek, au poisson blanc, par les Abénaquis.

Sur l’extrait de baptême de Marie Anne (13 septembre 1705), son père Yves Martin est mentionné comme habitant « la rivière Berthier ». Quand il passa un contrat de concession de terre sur la seigneurie de Berthier devant le notaire Normandin le 25 novembre 1709, l’emplacement des terres est spécifié comme jouxtant « la rivière aux canards ». Il s’agit bien de la même rivière.

Dans l’ « aveu » de 1723, le même Yves Martin est inscrit comme occupant une terre le long de la rivière Bayonne. Et l’aveu contient la précision suivante :

Que dans le dit fief et sur le domaine cy devant expliqué est une rivière vulgairement nommée de Bayonne qui vient de la profondeur du dit fief, sur laquelle sont les habitants qui suivent,,,,

Rappelons que Pierre Lestage avait pris possession de la seigneurie cinq ans avant cet aveu. C’est donc entre 1718 et 1723 que le nouveau nom a été adopté. Il faut probablement y voir un signe de l’énergie que Pierre a mise dans le développement de sa seigneurie, cette énergie qui l’avait amené à sa position prééminente dans le milieu des affaires de Montréal.

On peut aussi y voir une des façons dont les colons marquaient leur nouveau milieu de vie, comme le sont les nombreux surnoms souvent devenus des noms de grandes familles qui rappellent l’origine « géographique » de l’ancêtre (l’ancêtre Guérin venait de St-Hilaire-du-Harcouet en Normandie; des branches différentes de ses descendants s’appellent Guérin, Guérin-Saint-Hilaire ou Saint-Hilaire) et comme l’est l’attribution du nom du fondateur (Berthier a été celui qui a vraiment donné la forme essentielle à « sa » seigneurie) ou de sa « place » d’origine (et voilà Bayonne qui apparaît) à des « localités ».

Mais, plus tard, dans l'Atlas de Murray, ensemble de cartes commandées par le gouverneur James Murray peu après la Conquête (1760), on l'appelle River of Berthier.

J'ai aussi localisé une carte "The river St-Lawrence accurately drawn from D'Anville's map, published under the patronage of the Duke d'Orleans, engraved by J.Harrison, London" sur laquelle dans la position plus que probable de la Bayonne est inscrit "Sump R(iver)" (1790) ( Bibliothèque et Archives Canada, quote H12/1112/[1790] ) (Bibliothèque Nationale du Québec http://www4.bnquebec.ca/cargeo/accueil.htm )

 

La carte de Harrison, avec le nom de "Sump R" Une des cartes originales de D'Anville sans aucun nom

 

Saint-Esprit

Québec compte de multiples lieux dont le nom est Saint-Esprit, ou même l’Esprit-Saint. Il est fort probable que la très grande majorité a été nommée en hommage à ce concept de base de la religion catholique, mais certains l’ont été sans cette connexion religieuse directe. Ainsi nous trouvons dans la banque toponymique du Québec, trois tronçons de route portant les noms de rang ou petit rang Saint-Esprit dans la municipalité de Sainte-Geneviève-de-Berthier, ou de route Saint-Esprit dans celle de Saint-Cuthbert.

Ces trois segments forment en fait une liaison presque continue entre la Bayonne (le rang Saint-Esprit commence à sa traversée deux kilomètres en aval du pont Granchamp) et la Chicot plus à l’est, le petit rang et la route étant en continuité.

Il y aurait eu un "quartier" ainsi nommé par Lestage dont le nom aurait ainsi été conservé.